Activités sur le continent

DES CENTRES D'INTÉRÊT MAJEURS SUR LE CONTINENT : LES DEUX PROVINCES, AUNIS ET SAINTONGE, ONT ÉTÉ SOMPTUEUSEMENT MARQUÉES PAR L’HISTOIRE

PÉRIODE GALLO-ROMAINE

La région a été fortement romanisée, mais les vestiges sont rares en dehors de SAINTES où 2 monuments restent encore imposants :

l’Amphithéâtre ou Arènes (126m/102m) ; daté de 40 ap JC pouvait contenir 15000 spectateurs, la cavea maçonnée est encore visible

l’Arc de Germanicus (18-19ap JC) marquait sur la voie romaine vers Lyon l’entrée du pont sur la Charente ; il a été classé monument historique par P. Mérimée.

Quant aux Thermes, seule une partie du caldarium est encore visible.

Par contre le musée archéologique sur la civilisation gallo-romaine présente de très belles séries lapidaires.

Arc triomphe Saintes

Arc de triomphe classé par P. Mérimée

Amphithéatre Saintes 1

Amphithéâtre de Saintes état actuel

Amphithéatre Saintes reconstitution

Reconstitution

ARCHITECTURE ROMANE DE SAINTONGE (Territoire des Santons)

Pour expliquer la formidable richesse de l'art roman en Saintonge, il est coutume de dire que nous sommes là sur les chemins de Compostelle. Admettons, mais c'est le cas de tout le quart sud-Ouest de la France. Et dans cette optique, la Saintonge est même plutôt excentrée, bloquée par la Gironde. 

Paradoxalement, c'est peut-être cette situation de relatif isolat qui a pu favoriser la conservation d'une architecture qui fut souvent "remise au goût du jour" dans des régions plus ouvertes, plus soumises aux grands courants d'activité et disposant donc de sources de financement plus importantes.

 

Abbaye Trizay cloître

Cloître de l'abbaye de Trizay (en partie ruinée)

 

 

Au XI°-XII°s, il n’y a pas d’aristocratie puissante en Saintonge en dehors de la famille de Pons et la tutelle du Duché d’Aquitaine est lointaine, donc peu de châteaux. Avec la forte croissance démographique, les défrichements se multiplient, chaque village construit son église romane. On a ainsi un art roman très disséminé, pas de grandes Abbayes en dehors de SAINTES (Abbaye aux Dames) et Trizay.

Abbaye aux Dames de Saintes

Abbaye aux Dames de Saintes

Corme écluse 5

Corme Ecluse

Un bon nombre de ces églises nous est parvenu en très bon état car les sculptures sont faites dans des calcaires résistants venant des carrières de Crazannes, 20km au nord de Saintes (c'est un calcaire crayeux poreux à grain fin résistant assez bien à l'érosion).
Les églises à 3 nefs sont rares en dehors de SAINTES (église Sainte Eutrope). L'église basse Sainte Eutrope possède un chevet « incontournable » ainsi qu'une des plus belles églises souterraines de France avec sa crypte ; en l’église haute Sainte Eutrope les chapiteaux sont eux aussi « incontournables » par la diversité des styles et de l’ornementation.
L’essentiel des églises a un plan à nef unique, souvent recoupé par un transept ouvrant sur 2 absidioles, suivi par une abside.

Corme écluse 6

Porche de Corme Écluse

Rétaud 6

Chevet de Rétaud

 

Si les sculptures ont bien résisté au temps,  tout particulièrement lorsqu'elles sont exposées à l'Est, les décorations peintes qui couvraient tout l’édifice sont pratiquement entièrement disparues.

La plupart des églises ont un plan à nef unique, souvent recoupé par un transept ouvrant sur 2 absidioles, suivi par une abside. Cette forme, très fréquente à l'époque romane a le plus souvent perduré puisqu'il n'y à pratiquement pas eu de reprise gothique.

Le clocher surmonte très souvent la croisée nef-transept donnant lumière, élévation au dessus du chœur malgré les évidentes difficultés architecturales imposées par cette disposition. Ces clochers en lanterne ont été particulièrement soignés avec de magnifiques jeux de colonnes.
Sur les photos ci-dessous, le clocher de Thézac en est une parfaite illustration alors qu'il repose sur une nef assez banale. Sur la vue du chevet de Rétaud, l'appareillage des pierres sur pointe, sans être totalement exceptionnel, témoigne du raffinement de la construction saintongeaise préservée par l'endormissement précoce du petit village.

Rétaud 1

Église de Rétaud

Rétaud 3

Chevet de Rétaud

Thézac 1

Clocher et chevet de Thézac

DU MOYEN AGE A L’ÉPOQUE CLASSIQUE

C’est à LA ROCHELLE que l’on peut voir les meilleurs exemples de cette transition : les Tours médiévales qui veillent sur le Vieux Port : la Tour Saint Nicolas (42m) et la Tour de la Chaîne (chaîne qui servait à barrer l’entrée du port), toutes les deux du XIV°s. Ces tours sont visitables, la première est centrée sur l’histoire du port avec maquettes de bateaux ; la deuxième expose l’histoire de la Rochelle. La Tour de la Lanterne (70m) mi XV°s a servi de phare et de prison : des graffitis sont toujours visibles.

La Rochelle tours entrée port

Tours d'entrée du vieux port de La Rochelle

Une promenade en ville permet de découvrir un Hôtel de Ville Renaissance et surtout de nombreux Hôtels particuliers de la période médiévale à classique dans des rues commerçantes aux remarquables arcades du XVII°s : l’argent a coulé à flots avec le grand commerce transatlantique, terme pudique voilant le très lucratif et très immoral commerce triangulaire. Mais La Rochelle connut une forte et durable activité avec le Canada. En effet, Samuel Champlain était originaire de Brouage et il fonda Québec avant de persuader Louis XIII de soutenir une implantation sur les rives du Saint Laurent : la Nouvelle France
Certaines rues de La Rochelle portent encore témoignage de ce commerce : elle sont pavées de blocs de roche ayant servi de lest. En effet, les besoins de la colonie étaient importants et sa capacité d'exportation plutôt réduite ; les bateaux repartant vers la France n'étaient pas complètement chargés, pour naviguer correctement, ils devaient donc emporter du lest.

La-rochelle arcades sans échoppes

Les arcades XVII° donnaient accès à des boutiques et entrepôts

La rochelle hotel de ville

Hôtel de ville Renaissance

La Rochelle arcades commerces

Sous les arcades, la fonction commerciale demeure très vive

ARCHITECTURE MILITAIRE

L’Aunis et la Saintonge ont une histoire mouvementée, marquée par de nombreux conflits qui expliquent la grande richesse du patrimoine militaire : tours, fortifications des villes (remparts) forts, redoutes, citadelles…. D’autant que la région a un intérêt économique majeur, elle produit dès le Moyen Age le sel exporté en France mais aussi dans toute l’Europe du nord-ouest.

 

 

Source de richesse, source de puissance, le sel est au cœur des conflits entre la France et l’Angleterre du XII° au XIV°s. Ces conflits avec l’Angleterre sont inévitables après le remariage d’Aliénor d’Aquitaine puisqu’elle « emmène » l’Aquitaine mais aussi le Limousin, le Périgord, la Saintonge, l’Aunis, le Poitou qui, avec l’Anjou, le Maine, la Normandie, terres des Plantagenêts passent sous contrôle de la couronne anglaise à la suite de son mariage avec Henri lorsque celui-ci devient roi d’Angleterre sous le nom d’Henri II. Ce conflit ne s’achèvera –provisoirement- qu’avec la fin de la guerre de 100 ans au milieu du XV° siècle.
Au XVI°, la Réforme est puissante en Aunis et Saintonge les combats très rudes, enjeux politiques, religieux et économiques s’interpénètrent.

Possessions Plantagenêt fin du XII° siècle all

Possession française de Henri II Plantagenêt, d'origine angevine mais aussi roi d'Angleterre.

LA PLACE FORTE DE BROUAGE ET LES MARAIS

Place forte de Brouage, à 3km de la mer

C’est ainsi qu’au XVI°s, vers 1560, que la ville de BROUAGE, grenier à sel de l’Europe se dote d’une place forte moderne en carré avec des bastions réunissant des courtines basses, appuyées sur des levées de terre pour résister à l’artillerie déjà performante au point de rendre les murailles élevées obsolètes. On voit ici le rôle des architectes italiens revenus avec François I° ; par la suite, les fortifications sont reprises par Richelieu (gouverneur de Brouage) au début du XVII°s dans l’objectif de lutter contre les protestants de La Rochelle ; enfin par Vauban fin XVII°s, mais le port s’envase, devient inutilisable (au bénéfice de La Rochelle).

La grande révolution démarrera au XVII° et durera jusqu’au XIX°s : c’est la construction de l’ensemble stratégique de ROCHEFORT. Louis XIV veut développer sa marine de guerre et Colbert choisit Rochefort (ainsi que Lorient) pour créer le Grand Arsenal de l’Atlantique, avec un double objectif : montrer la puissance royale et protéger le grand commerce Atlantique. L’Arsenal construit, répare et arme les navires de guerre (en 3 siècles = construction de 550 navires jusqu’en 1927). La rade entre les îles d’Aix, d’Oléron et le continent devient le sanctuaire de la flotte de guerre où elle se tient prête à combattre; elle a besoin d’un système de défense invulnérable : on construit alors tout un réseau de forts ou redoutes, on renforce les citadelles existantes.

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Site de Rochefort sur la Charente

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La corderie

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L'Hermione

ARCHITECTURE BALNÉAIRE OU DE VILLÉGIATURE

Le phénomène balnéaire commence au début du XIX° sous l’impulsion ou en imitation d’une aristocratie anglaise qui découvrait Nice et Cannes (1830) particulièrement en hiver. Royan démarre très tôt (1852), dés le début du Second Empire, dans un mouvement synchrone de Biarritz et la Baule-Le Pouliguen en 1854 ou Deauville(1857). La mode des bains de mer devient un phénomène urbain avant même de devenir un fait de société. Des bourgades de bord de mer se transforment radicalement pour accueillir une bourgeoisie aisée qui vient séjourner et se divertir ; elles deviennent des stations caractérisées par une architecture spécifique demandée par une clientèle aisée voire fortunée pour laquelle le désir de paraître, de s’afficher peut être vif. Trois moments peuvent être identifiés : le plus important dans la deuxième moitié du XIX°s jusqu’à la première guerre, le second dans les années 1920-30 pas très riche et enfin à la reconstruction et les années 1960, avec d’intéressantes réalisations et quelques propriétés remarquables dans un ensemble plus modeste souvent. Cette croissance urbaine est pilotée par 4 éléments : la qualité de l’environnement, les équipements de loisir, le rôle des célébrités et ses phénomène de mode enfin l’accessibilité avec l’arrivée du chemin de fer.

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Vers 1890 : éclectisme architectural

1,4 € 2 all

Fin XIX° : le néo-gothique

Vers 2000 allJPG

Prolongement jusqu'à ce jour des créations des années 50-60

C’est une architecture originale, individualisée, jouant sur différents styles (éclectique, cosmopolite, néo-régionaux), avec des plans complexes, des décrochements, dissymétries, de grandes variétés de décors et de matériaux. La localisation des villas est guidée par la recherche d’un environnement agréable, la proximité des loisirs ; le front de mer fait l’objet d’une compétition acharnée.

C’est sur la « Côte de Beauté » que se situe ROYAN : avec Saint George de Didonne, Pontaillac et Saint Palais cela forme un ensemble balnéaire de première importance (400 000 personnes y résident actuellement en été).

Alors que ROYAN se développe  durant le second Empire, de façon quasi synchrone, un quartier résidentiel en rive de La Tremblade se crée : RONCE les bains ; enfin entre Rochefort et La Rochelle FOURAS puis CHATELAILLON émergent à la fin du XIX°s ; à l toute fin du siècle ( 1898), SAINT TROJAN se développe dans le sud de l’île d’Oléron .

DES VISITES REMARQUABLES

LIÉES A L’HISTOIRE MARITIME

LA ROCHELLE = Un ensemble de ports dédiés aux trois fonctions : commerce, pêche et plaisance

⟶ Le Vieux Port : bassin d’échouage pour les barques de pêche tout d’abord, des quais furent maçonnés dès le XII°s(commerce de sel et vin avec l’Angleterre et l’Europe du Nord). Au XVI° siècle la grande affaire est le commerce avec le Canada : Samuel de Champlain est né à Brouage et a fondé la ville de Québec ; la colonisation de la Nouvelle France fera la fortune de la Rochelle. Pendant la période napoléonienne, de nouveaux bassins sont creusés : le Gabut d’abord puis le bassin des chalutiers qui actuellement abrite le musée maritime et les grands yachts.

⟶ La Pallice : 1890 création du port d’escale en eau profonde ; le commerce du bois prolonge la tradition du commerce colonial. Durant la seconde guerre, 1 base sous marine sera installée par les Allemands.

⟶ Les Minimes : 1970 début de la création du port de plaisance (3700 places + 1200 avec l’agrandissement de 2014). Plus de 160 entreprises nautiques gravitent autour du port ; la France est d’ailleurs le premier fabriquant mondial de bateaux de plaisance.

Les Musées : ⟶ Musée Maritime « à flots » dans le bassin des chalutiers : 8 navires dont 2 sont visitables (le France 1, navire météo + 1 chalutier).

                ⟶ Musée du Nouveau Monde : histoire de la découverte et de la conquête du Nouveau Monde

ROCHEFORT = ⟶ Musée National de la Marine : vie de l’Arsenal depuis sa création

                               ⟶ Corderie Royale dans l’Arsenal : manufacture royale de cordages de marine

                               ⟶ Chantier de l’Hermione (Frégate de La Fayette) dans l’Arsenal, mis à flot à l’été 2014

                               ⟶ La maison de Pierre Loti, dépaysante et originale maison du XIX° (fermée depuis 2012 pour cause de travaux importants)

                               ⟶ Le Conservatoire du Bégonia : plus de 1500 espèces et variétés.

LIÉES A LA NATURE

LA ROCHELLE = ⟶ L’Aquarium : 65 bassins, 3000m3, espèces de tous les océans dans leur milieu naturel

                               ⟶ Muséum d’Histoire Naturelle et ethnographique : collections rapportées par les explorateurs rochelais (cabinets de curiosités)

LA PALMYRE = Parc zoologique de 14 ha boisés, 1600 mammifères, oiseaux et reptiles + protection des espèces en voie de disparition

LIÉES AUX ACTIVITÉS DE LA MER

MARENNES = ⟶ Moulin des Loges (entre Marennes et Saint Just) bâtiment du XVIII°s, un des derniers moulins à marée ; démonstration de meunerie.

                               ⟶ Cité de l’Huître, le long du chenal de la Cayenne (port) entre marais et cabanes d’ostréiculteurs : 2 pôles découvertes (2h de visite) ; Cabane des claires  et Aventure de l’Huître + expositions et animations.